Les gourmets confinés l’ont sûrement remarqué : les boîtes, couverts et autres emballages jetables issus de la vente à emporter de leurs restaurants préférés font déborder les poubelles. Et pour cause : selon une étude NPD Groupe de janvier 2020, la livraison a connu 8,1% de croissance en 2019 et le click & collect, pas moins de 51% de croissance entre 2017 et 2019. Avec ces pratiques, ce sont autant de déchets qui s’accumulent, sans que l’on sache quoi privilégier. Que sait-on vraiment sur les contenants ? On fait le tri pour vous !

 Le B.A-BA : la traque au plastique à usage unique ✊🏽

Adoptée en janvier 2020, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire prévoyait l’interdiction du plastique à usage unique avec des échéances variées. Première étape début Juillet 2021 avec la fin annoncée des pailles, des couvercles à verre jetable ou encore des boîtes « kebab » en polystyrène. Deuxième étape début janvier 2023, qui marque l’interdiction de la vaisselle à usage unique pour la consommation sur place en restauration rapide. Enfin, le 1er janvier 2025 sonnera la fin des contenants de cuisson, de réchauffage et des services en plastique dans la restauration scolaire (source : Restauration21)
Dans ce contexte, l’adaptation et l’anticipation à ces nouvelles mesures est cruciale pour accélérer la transition vers une restauration moins prolifique en plastique !
N’attendant pas d’être contraint et transformant l’obstacle en opportunité, le chef Mauro Colagreco embarque déjà ses équipes vers un restaurant sans plastique. Ainsi, son restaurant 3 étoiles le Mirazur (élu Meilleur restaurant du Monde en 2019 par le World’s 50 best), a été le premier établissement à obtenir la certification « Plastic Free » cette année. Ils sont parvenus à supprimer gobelets, film étirable (qui représentait tout de même 10 000 km par an selon Luca Mattioli, second de cuisine,  interrogé par Restauration21), sacs poubelle ou encore sachets sous-vide pour opter pour des techniques anciennes évitant le plastique ou en se tournant vers les consommables compostables si nécessaire.

Contenants 100% compostables, pour un retour à la terre 🌱

À ceux qui craignent de voir dans le contexte une dangereuse occasion d’encourager la folie du plastique, Cédric Belanger, fondateur d’Unikeco répond dans un article de Restauration21 que « la crise sanitaire représente une opportunité pour se désengager du plastique. Puisque les alternatives au plastique sont beaucoup plus saines. Au-delà du virus, avec le plastique, il y a un risque de migration de produits chimiques sur les aliments.»
Alternative (presque) fantastique, le bioplastique est non seulement plus écologique que le plastique à base de pétrole, mais il est aussi plus sain car il ne contient pas de BPA ! Ressemblant à s’y méprendre à son cousin fossile, le PLA est un bioplastique fabriqué à base d’amidon végétal. Sa production génère des émissions de CO2 jusqu’à 79 % inférieures à celles émises lors de la fabrication de plastique traditionnel (PET/PS). Pour ses jus pressés à froid, YUMI a ainsi choisi des bouteilles en PLA fabriquées à partir de résidus de canne à sucre, et sont biodégradables et compostables. “Une bouteille Yumi met 84 jours à disparaître dans un compost industriel, là où les autres bouteilles mettraient environ 400 ans à disparaître” explique Laure Duteurtre, responsable de leur boutique rue du Château d’Eau. On dit oui !
De son côté, Unikeco a développé une gamme de vaisselle et d’emballages 100% compostables et garantit une dégradation supérieure à 70% dans les 45 jours. Ils sont fabriqués à partir de matières végétales : feuille de palmier, canne à sucre, cellulose, amidon de maïs. Pour Cédric Belanger, “c’est aussi un moyen de répondre aux besoins des consommateurs, puisqu’une majorité d’entre eux privilégie les emballages responsables”.
castalie emballage consigne restauration
Opter pour des contenants compostables en fibre naturelle, c’est ce qu’ont fait Nicolas Alary et Sarah Mouchot, fondateurs d’Holybelly. Ces restaurateurs viennent de lancer leur offre à emporter sur la plateforme de livraison éthique RESTO.PARIS, et ont eu du mal à trouver une offre aussi saine qu’éco-responsable pour leur carte nomade.
Seule ombre au tableau, la plupart des personnes ne sont pas équipées de composteur ou n’ont pas le réflexe de composter ces boîtes qui finissent bien souvent avec le tout-venant. La France pénalise même les alternatives au plastique en appliquant un malus sur les bouteilles en matériau végétal compostable. La contribution financière liée au recyclage est deux fois plus importante que celle qui concerne le plastique classique. Pour Yumi, c’est une “drôle de manière de soutenir les initiatives durables et innovantes !”. Selon CITEO (entreprise agréée pour collecter les éco-contributions), pour ne pas être considérés comme des “perturbateurs de recyclage”, les emballages en bioplastique doivent être collectés avec les biodéchets de cuisine au sein des ménages et être traités dans un centre de compostage industriel.

Contenants consignés : La boucle est bouclée 👌🏼

De plus en plus d’initiatives se montent, à Paris et ailleurs, pour remettre la consigne au goût du jour. Parmi elles, Reconcil, fondée par Sofiane Hassaïne-Teston, permet de «proposer à des restaurants de sortir des emballages jetables pour préférer la logique réemploi, de la même façon qu’on ne déchire pas ses vêtements en rentrant chez soi le soir ou qu’on ne casse pas non plus son assiette et son verre une fois le repas fini”, illustre-t-il pour le 20 minutes.
Ainsi, le restaurant Bercail à Rennes offre la possibilité d’opter pour un emballage consigné en verre (3€ par boîte), grâce à leur partenariat avec « Rennes en boîte le plat ». “Vous pouvez ensuite nous la rapporter vide et récupérer votre consigne ou bien faire remplir votre boîte chez l’un des 20 restaurants partenaires à Rennes” expliquent-ils sur leur site.
consigne reconcil emballage
En région parisienne, d’autres solutions existent pour opter pour la consigne comme « Noww (No Waste in the world), Milubo, La Consigne Greengo ou encore Pyxo.
Ailleurs en France, il existe « En boîte le plat » à Toulouse et à Rennes, « Boxeaty » à Bordeaux, « LoopEat » à Montpellier, « Dabba Consigne » à Grenoble ainsi que « Ramène ton plat » à Lille.
emballage consigne contenant restaurant
L’enseigne Daily Pic, ouverte récemment à la Défense, a quant à elle fait le pari de contenants en verre collectés (selon Restauration21), en partenariat avec Uzaje, un acteur du lavage et de la consigne, sans surcoût pour le consommateur.
“Le choix de nous tourner vers des emballages eco-responsable est une suite logique à notre projet” détaille Laure de chez Yumi. “Nos matières premières sont bio, il nous semblait absurde d’aller empaqueter nos produits dans des plastiques pas très sains et faits avec du pétrole.” Comme celle de nombreux restaurateurs, la démarche de progression de Yumi est constante : “Il nous reste un long chemin à parcourir. Notre prochaine étape est la mise en place de contenants consignés. On se dit qu’on peut faire mieux !”
S’il ne devait y avoir qu’une seule consigne ? Avant de nous emballer, commençons donc par refuser le superflu, réduire notre consommation d’emballages et soigner le contenu plus encore que le contenant. Partout en France, les bonnes pratiques pour limiter la folie des contenants à usage unique existent et se multiplient. C’est finalement une démarche empreinte de bon sens à petite échelle qui pèse positivement sur l’allègement de nos poubelles à grande échelle !
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PS : Pour bien manger même confiné et soutenir les restaurateurs, faîtes un tour sur notre carte interactive, qui recense plus de 150 bonnes tables partout en France ! 😋
 

Texte : Laurène Petit
Crédits : Caroline Attwood, Agenlaku Indonesia, Ecotable-La Guinguette d’Angèle (Maud Argaïbi), Daily Pic, Ella Olsson, Sigmund

 

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