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20 femmes qui font bouger les lignes de l’économie circulaire

Par leur engagement pour une économie circulaire, sociale, solidaire et écologique, nombreuses sont celles qui font bouger les lignes de l’entrepreneuriat et inventent le monde de demain. À l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, nous avons souhaité mettre en lumière 20 entrepreneuses inspirantes, dans des domaines aussi variés que l’alimentation, le sport, la mode ou la finance. Elles nous racontent leur temps fort, ce moment magique dans leur carrière professionnelle où elles ont eu le sentiment d’avoir un impact résolument positif en faveur de l’ESS.

Alix Gerbet & Vanessa Krycève (Co-fondatrices Le RECHO & La Table du RECHO)

Alix Gerbet et Vanessa Krycève sont des piles électriques. Depuis la création en 2016 de leur association Le Recho aux côtés de nombreuses autres femmes talentueuses, elles ont à cœur de mettre toute leur énergie (renouvelable !) au service d’une cause qui les anime : favoriser l’accueil de personnes réfugiées et le vivre-ensemble grâce au langage universel de la cuisine.

Leur temps fort : « Lorsque nous avons ouvert La Table du RECHO, toute première adresse pérenne de l’association et surtout notre premier restaurant d’insertion pour les personnes réfugiées ! Ainsi, nous pouvons les accompagner dans une pensée globale, de la graine à l’assiette, pour leur donner les clés d’un métier à fort impact positif environnemental et social. »

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Crédits : Alice Barbosa

Ariane Delmas (Co-fondatrice et Présidente des Marmites Volantes) 

Ariane Delmas, c’est la femme que tout monde rêve d’avoir dans ses contacts : engagée, entière et inspirante, elle embarque les foules derrière elle mieux que quinconque. Co-fondatrice de l’entreprise de restauration collective durable Les Marmites Volantes et co-Présidente de la Communauté Ecotable, elle nourrit aussi bien les corps que les esprits.

Son temps fort : “Là où on fait le plus bouger les lignes de l’ESS, c’est quand notre entreprise est mise en avant dans un média généraliste et grand public. Par exemple, la parution d’un article dans Le Monde qui met en lumière des pratiques vertueuses dont celles des Marmites Volantes nous a permis de sortir de l’entre-soi de l’ESS et de nous adresser à un public plus large.”

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Crédits : Mary-Lou Mauricio

Béatrice Eastham (fondatrice de Green Evenements et du OUAÏ)

Pour Béatrice Eastham, faire bouger les lignes, c’est mettre collectivement en action une idée à contre-courant des normes établies. C’est dans cette optique qu’elle a fondé Green Evenements, une entreprise qui conseille, forme et informe pour rendre le secteur de l’événementiel et du tourisme plus durables.

Son temps fort : “Si je dois retenir un moment où j’ai le plus eu l’impression de faire bouger les lignes, c’est lors du premier rendez-vous du OUAÏ que nous avons lancé en 2016. Le OUAÏ est un rendez-vous régulier que nous proposons à l’ensemble des acteurs de l’événementiel. Mettre le OUAÏ dans l’événementiel c’est justement faire bouger les lignes en proposant une plateforme d’échange et de co-construction pour réinventer notre filière de manière durable.

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Crédit : Steven Wassenaar

Clara Duchalet (Co-fondatrice de Vépluche

Les déchets verts ? Très peu pour Clara Duchalet, qui les considère comme des “trésor-ganiques” ! La boucle vertueuse qu’elle a créée avec sa startup Vépluche permet de transformer les déchets organiques en terreau local et naturel. Des vélos-cargos collectent gratuitement ces déchets auprès des restaurateurs et en contrepartie, Vépluche leur vend des fruits et légumes issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

Son temps fort : “Là où je pense qu’on œuvre vraiment en faveur de l’ESS, c’est quand on propose un modèle qui allie les économies à l’écologie. C’est exactement ce que l’on fait chez Vépluche. On incite nos partenaires à être écolos sans que ça leur coûte. Et ça, ça paye !”

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Deza Nguembock (Fondatrice d’E&H Lab – Esthétique et Handicap Lab) 

C’est en 2011 que l’incroyable Deza Nguembock a fondé son agence de communication E&H Lab. E&H pour “Esthétique et Handicap”, mais aussi pour Expérimentation Humaine : Deza et son équipe souhaitent impulser des changements sociaux à travers la création artistique et ainsi créer un imaginaire valorisant pour modifier le regard sur le handicap. Sa phrase fétiche : “seule on va plus vite, ensemble on va plus loin !”.

Son temps fort : “Lorsqu’en 4 semaines, j’ai réussi à sensibiliser 5 621 800 citoyens à travers ma campagne CHAOS, contribuant ainsi à faire reculer les préjugés sur les troubles psychiques.”

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Elisa Yavchitz (Directrice Générale des Canaux)

Elisa Yavchitz est la locomotive à la tête de l’association Les Canaux. Les Canaux soutiennent les acteurs et actrices des économies solidaires et innovantes, en France et à l’international. L’association opère comme un pont entre les collectivités, les pouvoirs publics, les grands groupes, les start-ups et l’écosystème de l’économie sociale et solidaire.

Son temps fort : “Lorsque Les Canaux ont signé un accord de partenariat avec Paris 2024 pour aider les entreprises de l’ESS à gagner les marchés de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, nous allons montrer au monde que les entreprises de l’ESS lient performances économiques et solutions sociales et environnementales ! “

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Crédits : Les canaux

Emmanuelle Lavaur (Responsable du pôle alimentation – Yes We Camp

Une pour toutes, toutes pour Emma ! Emmanuelle Lavaur parle peu d’elle, tant c’est le collectif qui coule dans ses veines. Elle est à la tête du pôle alimentation de Yes We Camp, l’association qui met de la vie dans tous les recoins en friche de France. Gérer les restaurants des Grands Voisins à Paris, de Coco Velten à Marseille ou encore du Rêv’Café à Montreuil ? Rien ne lui fait peur, tant qu’elle avance, joyeuse et engagée, aux côtés de sa tribu.

Son temps fort : “Mars 2020. Les restaurants ferment. Les chambres froides sont pleines. Les cuisiniers à l’arrêt. Un confinement annoncé. Avec Yes We Camp, le Refugee Food Festival, Linkee, Ernest et Les Maraudeurs de Wanted, nous avons décidé d’apporter une réponse commune à l’urgence alimentaire. Nous avons monté le collectif Raliment et pu produire et distribuer plus de 97 000 repas en trois mois.”

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Emma (sur l’échelle) et l’équipe de l’Oratoire des Grands Voisins
Crédits : Anne-Claire Héraud pour l’Humanité

Eugénie de Larivière (Fondatrice de Les Résilientes

C’est il y a 4 ans qu’Eugénie de Larivière a proposé son idée innovante auprès d’Emmaüs Alternatives. La mayonnaise n’a pas tardé à prendre, et Eugénie a fondé dans la foulée Les Résilientes, un studio dont l’objectif est de faire de l’insertion par le design d’objets réalisés à partir des gisements de matière issus des dons faits à l’association Emmaüs Alternatives.

Son temps fort : Nous sommes fier.e.s de notre dernier partenariat avec Made.com qui nous permet de revaloriser les produits sortant de leurs showroom. On part par exemple de leurs tapis pour en faire d’autres objets comme des lampes, des poufs, …La solution est en phase d’être développée à l’échelle européenne. C’est pour moi une vraie réussite car elle inspire et se pérennise !

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Eva Jaurena (Restauratrice et Propriétaire restaurant Mingway / fondatrice et ex-directrice de l’association Hello Ernest

Fonceuse et déterminée, ce n’est pas la difficulté qui effraie Eva Jaurena. Elle a cofondé en 2015 l’association Ernest, qui, grâce à un ingénieux système de “pourmanger”, finance des programmes locaux d’aide alimentaire. Depuis, elle a pris les rênes du restaurant du Centre National de la Danse, Mingway, où elle y propose une cuisine abordable, durable et aussi solaire qu’elle.

Son temps fort : “Quand j’ai créé un module d’économie sociale dans mon ancien master à la Sorbonne. Je me suis battue pour que l’ouverture à l’EE et son appartenance à l’économie réelle, soient reconnues au même titre que les autres matières. Ça a été hyper gratifiant de voir que pour notre génération et les suivantes c’est quelque chose d’acquis, d’attendu, une grande source d’inspiration et de réalisation.”

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Crédits : Zerozero

Fanny Giansetto & Camille Delamar (Co-fondatrices d’Ecotable)

Inarrêtables, les deux co-fondatrices du label de restauration durable Ecotable n’ont qu’un mot à la bouche : permettre de manger engagé, même au restaurant ! Lauréates des trophées de l’ESS, elles ne cessent de réinventer la restauration de demain, en accompagnant les acteur.ice.s du secteur dans leur transition écologique.

Leur temps fort : “Lors de notre première formation à l’écoresponsabilité en restauration, j’ai pu concrètement transmettre le savoir que j’ai acquis en fondant Ecotable” explique Fanny. “C’était fascinant de voir l’intérêt des restaurateurs pour les questions environnementales et d’avoir la sensation de faire bouger les lignes pour leurs pratiques futures.” D’ailleurs, ajoute Camille, « un an plus tard, au moment de faire le point sur leur situation, nous nous sommes aperçues que plusieurs de nos recommandations avaient été mises en place, et qu’une vraie démarche de progression était en route !”

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Hélène Binet (Directrice de la Communication chez MakeSense – Responsable de Ruche

A la manière d’une abeille, indispensable à l’écosystème, Hélène Binet butine de projet en projet pour y apporter ses idées et son énergie, toujours débordante. A la tête du projet éditorial et de la communication de la Ruche qui Dit Oui pendant 8 ans, elle est désormais la porte-voix de MakeSense. Son crédo : relayer les initiatives positives, mettre en lumière les alternatives et montrer l’exemple, en toute humilité.

Son temps fort :  “J’ai l’impression de faire bouger les lignes quand je suis dans l’archi-concret et que l’effort demandé se transforme en plaisir dont on ne peut plus se passer. C’est notamment le cas lorsque tous les samedis depuis 10 ans, les habitants du quartier se retrouvent dans ma Ruche pour non seulement faire un pied de nez au système alimentaire industriel mais aussi se régaler et se retrouver entre voisins. Quand le monde tangue, c’est réjouissant de voir à quel point le modèle résiste, se renforce et fait du bien.”

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Crédits : Julie Balagué – M le magazine du Monde

Inès Seddiki (Cofondatrice de l’association Ghett’up)

Inès Seddiki, c’est la tête pensante de GHETT’UP, l’association qui travaille à restaurer l’image des quartiers auprès du grand public mais surtout auprès de leurs habitant.e.s eux-mêmes. Au travers d’événements aussi innovants que les “afterworks du bendo” ou les “ateliers 93-express”, elle cherche à mettre en réseau les jeunes acteurs du changement issus des quartiers, et leur donner toute leur place dans la société.

Son temps fort : “Avec la photo du siècle prise par Yann Arthus Bertrand l’an dernier, nous avons voulu pousser les murs et montrer de nouveaux visages d’acteurs de quartiers populaires, d’Outre-Mer et de la ruralité. Il ne suffit pas d’entreprendre dans le social, il faut aussi recréer de la mixité et chercher à lever ses angles morts.”

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Crédits : Stefan Norgaard

Léna Geitner (Cofondatrice et directrice de Ronalpia

Léna Geitner est l’intrépide cofondatrice de Ronalpia, qui accompagne les entrepreneurs sociaux et les entreprises sociales dans la région Lyonnaise. Que ce soit à la création, à l’implantation, au développement ou à la coopération, Ronalpia sert de tuteur aux entrepreneur.se.s qui agissent pour les plus fragilisé.e.s, pour leur permettre de déployer leurs projets et maximiser leur impact social.

Son temps fort : “A chaque fois que nous accompagnons un entrepreneur intrépide qui souhaite lancer ou développer une entreprise sociale : nous avons eu la chance chez Ronalpia d’accompagner 415 entreprises sociales depuis 2014, et chaque énergie encouragée et outillée est autant d’utilité sociale pour les territoires et d’espoir dans le développement de l’ESS.”

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Crédits : Collectif des Flous Furieux

Madalena Guerra (Coordinatrice de projet  – Des Étoiles et Des Femmes

Madalena Guerra a plus d’un tour dans son sac. Responsable de l’antenne marseillaise de l’association Des Étoiles et Des Femmes, elle anime également le réseau national qui compte 7 autres antennes en France. Cette association permet aux femmes très éloignées de l’emploi de se former au CAP Cuisine dans un cadre d’excellence.

Son temps fort :  “Avec Des Étoiles et Des Femmes j’ai la chance d’accompagner des femmes à prendre confiance en elles, à retrouver de l’ambition professionnelle dans des parcours de vie chaotiques, puis de les aider à trouver un emploi dans un milieu parfois cloisonné et masculin tel que la cuisine gastronomique. Un moment inoubliable est la remise des diplômes du CAP chaque année, souvent le premier diplôme pour les stagiaires !”

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Marine Mandrila (Co-Fondatrice du Refugee Food Festival

Après avoir baroudé, fourchette à la main et sac au dos, pour son projet Very Food Trip, la brillante Marine Mandrila a fondé avec son acolyte Louis Martin le Refugee Food Festival. Leur mission ? Faire évoluer le regard sur les personnes réfugiées grâce à la cuisine, faciliter leur insertion dans le milieu de la restauration et faire découvrir une cuisine d’ailleurs, saine et durable.

Son temps fort : “Lorsque nous avons créé le restaurant d’insertion La Résidence à Ground Control, pour permettre à des cuisiniers réfugiés de se former avant de lancer leur propre activité ! Tous les bénéfices générés par ce restaurant, et le service traiteur qui y est adossé, sont reversés à notre association et contribuent à auto-financer une partie des activités de sensibilisation, de formation, et d’insertion professionnelle. C’est un cercle vertueux qui nous permet aussi d’avoir une certaine forme d’indépendance par rapport à nos financeurs !”

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Marion Bocahut (Responsable éco-culturelle La Recyclerie – Sinny&Ooko)

Marion Bocahut, c’est la personne qui fait avancer les projets vite et bien, à grand renfort de sourires et de détermination. Cheffe de projet éco-culturel de la REcyclerie, Tiers-Lieu écologique emblématique du nord de Paris, elle y conjugue avec talent nature et culture.

Son temps fort :  “Chez Sinny&Ooko, il nous tient à coeur de parler d’EE*SS (*E pour Environnementale) car cette notion est au cœur de toutes nos actions. À titre d’exemple, la carte de nos restaurants est de plus en plus végétarienne, et on voit les mentalités évoluer : il y a quelques années, nos jeudis 100% veggie comptaient moins de clients que les autres jours de la semaine. Aujourd’hui, nous vendons plus de plats végétariens que carnés à la REcyclerie ! C’est une grande fierté de voir les mentalités changer et l’empreinte environnementale de nos assiettes baisser !”

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Sophie Vannier (Présidente de La Ruche

Audacieuse et engagée, c’est à 25 ans seulement que Sophie Vannier a monté La Ruche, réseau qui accompagne et incube des porteur.se.s de projets à impact partout sur le territoire national.

Son temps fort : “Il y a 6 mois, nous avons célébré le lancement de notre parcours en ligne et démarré l’accompagnement de 260 demandeurs d’emploi vers la création d’entreprise durable, et pour le moment juste en Île-de-France  ! Ça promet des villes qui changent non ?”

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Tara Heuzé-Sarmini (Directrice générale de Règles Élémentaires

Tara Heuzé-Sarmini a un pouvoir : celui de faire changer les règles. Elle a créé en 2015 Règles Élémentaires, la première association française de lutte contre la précarité menstruelle. Leur mission ? Collecter des produits d’hygiène intime à destination des femmes dans le besoin tout en brisant le tabou des règles.

Son temps fort :  “L’impact social est au cœur de l’ADN de Règles Élémentaires. Le moment où j’ai réalisé qu’on changeait vraiment les règles à grande échelle – et qu’on allait changer les lois -, c’est lorsque le Conseil de Paris a voté un vœu soutenant le déploiement de boîtes à dons de mon association dans toutes les mairies d’arrondissement, le 1er janvier 2017”

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Concilier viable, rentable, durable et équitable, c’est le pari que relèvent avec talent ces 20 femmes engagées dans l’ESS qui savent fédérer et embarquer autour d’elles. Par leur carrière inspirante, elles ouvrent la voie à de nombreuses autres femmes qui, après ou avec elles, construisent le monde de demain, le 8 mars et tous les autres jours de l’année !

 

Texte : Laurène Petit

 

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